Sainte colère, vraiment ?
Bonjour à tous,
Pardonnez-mo, si j'interviens encore en marge.
Comme chacun d'entre nous il semble, j'ai reçu hier par courriel un édito intitulé :
Sainte colère !
dont je ne reprends que les premiers mots : La colère, dit le dicton, est mauvaise conseillère. Elle peut en effet nous pousser, pour nous défaire de la tension qu’elle suscite en nous, à passer
à l’action(....)
Sans doute réponse annoncée de Laurent Le Vaguerèse à sa propre insatisfaction ici exprimée: « Oui, je pense qu'il serait très utile d'en reparler; Pour ma part je pense écrire très prochainement
un article à ce propos mais j'apprécierai que chacun puisse s'exprimer ici dans le forum, qui je trouve roupille ces derniers temps... »
Il se trouve, mais maintenant c’est « acté » que j’avais à ma façon rendu compte de ce que j’avais éprouvé de ce « grand meeting » - mais c’est "une autre histoire", et qui laisse à discuter sur
ce fil, comme sur d’autres, et même ailleurs.
Simplement, et c’est l’objet précis de la présente intervention, décalée j’en suis conscient.
La colère m’indispose !
Jeudi dernier (coïncidence), j’assistais à la Maison du Barreau à Paris à la présentation organisée par la LICRA du dernier livre de Marek Halter :
« Je me suis réveillé en colère » !
J’apprécie, et Marek Halter, et l’action de la LICRA, mais j’ai tout de même tenu à lui faire publiquement observer :
. Que dans la Tradition hébraïque - qui n’est certes pas de mise ici (chez Œdipe) mais à laquelle Marek Halter, lui, se réfère constamment - , la colère est assimilée à l’idolâtrie, c'est-à-dire
à ce qu’il peut y avoir de pire avec l’inceste – et je n’exagère pas ! Face à Dieu, l’homme n’existe pas, et il ne peut se mettre en colère, sans croire à l’égard de la divinité elle-même
exister, d’où l’idolâtrie !
. Et, chacun à les références culturelles qu’il peut, les colères me rappellent malencontreusement celles (fameuses) d’Hitler devant le Traité de Versailles, le corridor de Dantzig, et
l’insolence juive...
Alors je préfère l’INDIGNATION A LA COLERE.
Avez-vous jamais entendu parler de la colère d’Antigone ?
Non ! Mais de son indignation, bien sur !
Et il est grand temps de nous indigner, peut-être même de prendre les armes.
C’est que de proche en proche, ce n’est plus la psychanalyse qui attaquée, ni les cognitivistes qui menacent autrement que par la piètre inefficacité de leurs soit disant thérapies, ni des
problèmes de titres, ou de certificats de psychopathologie.
C’est la République qui marche sur la tête !
Qui tourne le dos aux principes sur lesquels elle s’était construite. Révolution ?
En bref qui foule au pied l’article 8 de la déclaration des droits de l’homme, celle de 1789 :
« La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu'en vertu d'une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement
appliquée. »
Or nous n’en sommes plus là, mais à l’assertion de vengeance anticipée, médicalement assistée si l’on ose dire.
Aux témoignages anonymes, et la délation légalement obligée (Intervention du Bâtonnier Charrière-Bournazel au meeting).
Indignation assurément.
Et fasse Dieu qu’il ne nous faille entrer en résistance !
Bien cordialement,
Et excusez-moi d’avoir été trop long,
Jean-Pierre Edberg
PS : Pardon Olivier Douville, vous étiez un précurseur.
Et c'est Madame Augustina Bourrelly, psychanalyste, qui voyait juste avec la LTI…
JPE